Rosenheim-Cops : la fin d’une ère — ces visages emblématiques qui ont quitté la brigade et marqué l’histoire de la série
Rosenheim-Cops : la fin d’une ère — ces visages emblématiques qui ont quitté la brigade et marqué l’histoire de la série
Dans Die Rosenheim-Cops, chaque départ n’est jamais anodin. Derrière les enquêtes au ton parfois léger et les paysages bavarois rassurants, la série a construit, au fil des décennies, une véritable saga humaine faite d’attachements profonds et de séparations douloureuses. Aujourd’hui, un nouveau chapitre se referme, et il a le goût amer des adieux définitifs.
Le choc est immense pour les fans : Miriam Stöckl, incarnée par Marisa Burger, s’apprête à tirer sa révérence après 23 années de loyaux services. Son célèbre cri — « Es gabat a Leich ! » — résonnera encore dans les mémoires bien après sa dernière apparition. Avec près de 590 épisodes au compteur, son départ marque la fin d’une époque. Elle faisait partie de ces rares piliers présents presque depuis le début, et son absence laisse un vide impossible à combler. Lorsque la 25e saison s’achève, ce n’est pas seulement un personnage qui disparaît, mais un symbole de stabilité, de continuité et d’âme pour la série.
Après son départ, seuls Max Müller (Michi Mohr) et Karin Thaler (Marie Hofer) resteront comme témoins vivants de la toute première équipe qui, il y a plus de deux décennies, faisait ses premiers pas à l’écran. Mais Die Rosenheim-Cops a toujours été une série de passages, de relais et de changements, parfois choisis, parfois imposés par le destin.
L’exemple le plus bouleversant reste celui de Joseph Hannesschläger. Son personnage, Korbinian Hofer, n’était pas seulement un enquêteur : il était le cœur battant de la série. Avec son mélange de bonhomie, de ruse et de pragmatisme bavarois, il incarnait l’esprit même de Rosenheim. Son départ, annoncé en 2019 pour des raisons de santé, n’était pas une décision artistique mais une nécessité cruelle. Atteint d’un cancer, l’acteur a dû quitter le rôle qui l’accompagnait depuis le tout premier épisode.

Même après sa mort en janvier 2020, Korbinian Hofer a continué d’exister à l’écran pendant quelques semaines, comme un dernier hommage silencieux. Sa disparition a bouleversé l’équipe, les fans et la série elle-même. Les hommages rendus par ses collègues lors de ses funérailles ont révélé à quel point il était bien plus qu’un simple acteur dans une production télévisée : il était une pierre angulaire.
Mais bien avant ces adieux tragiques, la brigade de Rosenheim avait déjà connu de nombreux bouleversements. Dès les premières saisons, le poste de commissaire s’est révélé instable. Ulrich Satori, premier partenaire « importé » de Munich, apportait une élégance et une rigueur presque étrangères à l’univers rural de Rosenheim. Son départ, après plusieurs saisons, a montré que même les figures fortes pouvaient être appelées ailleurs, laissant derrière elles des relations inachevées et une équipe obligée de se réinventer.
Le fauteuil de chef n’a jamais été un poste tranquille non plus. Werner Balthasar, premier grand patron, inspirait autant de crainte que d’agacement. Sa retraite a ouvert la voie à d’autres figures d’autorité, chacune apportant son style, ses tensions et ses conflits internes. Maximilian Heppt, puis Gert Achtziger, ont tour à tour dirigé les commissaires, rappelant que la hiérarchie, elle aussi, est soumise à l’usure du temps et aux changements inévitables.
Les mutations n’ont pas épargné les enquêteurs eux-mêmes. Christian Lind, par exemple, arrive à Rosenheim comme une sanction déguisée après avoir osé défier la corruption dans sa ville d’origine. Son intégrité farouche en faisait un personnage à part, presque trop droit pour un système parfois complaisant. Son départ, motivé par le choix personnel de l’acteur, a laissé une impression d’inachevé, malgré ses retours ponctuels qui sonnaient davantage comme des clins d’œil nostalgiques que comme de véritables retours.
À travers ces départs successifs, Die Rosenheim-Cops raconte en filigrane une autre histoire : celle du temps qui passe. Les personnages changent, les acteurs s’en vont, mais la série continue, portée par la fidélité du public et la capacité du récit à se renouveler sans renier son identité.
Aujourd’hui, avec l’adieu de Miriam Stöckl, cette vérité frappe plus fort que jamais. Ce n’est pas seulement une page qui se tourne, mais un livre entier qui se referme. Les nouveaux visages prendront le relais, les enquêtes continueront, mais pour les fans de longue date, chaque nouveau crime à Rosenheim rappellera aussi ceux qui ne sont plus là — et qui, d’une manière ou d’une autre, ont fait de cette série bien plus qu’un simple polar du soir.