Una nueva vida Quand l’amour devient un adieu silencieux : Seyran immortalise Ferit sans oser lui révéler sa vérité
Quand l’amour devient un adieu silencieux : Seyran immortalise Ferit sans oser lui révéler sa vérité
Derrière les murs feutrés de la demeure Korhan, le tumulte habituel semble s’être apaisé. Seyran n’aspire plus aux conflits, ni aux tensions familiales, ni aux drames qui ont marqué son histoire. Elle ne souhaite qu’une chose : savourer la présence de Ferit, le regarder vivre, sourire, respirer, comme si le simple fait de le contempler pouvait suspendre le temps. C’est dans cet état d’esprit qu’elle l’invite à la rejoindre dans l’intimité de sa chambre, non pas pour une discussion grave ou une énième explication, mais pour un moment hors du monde.
Seyran sort ses crayons et ses feuilles, et lui demande de poser pour elle. Ferit, surpris mais attendri, accepte sans méfiance. Pour lui, il s’agit d’un jeu tendre, presque enfantin. Il s’assoit, prend la pose, plaisante, la regarde avec ce sourire insouciant qu’elle connaît par cœur. Il ne voit dans cette demande qu’une preuve d’amour, un instant complice à partager, loin des regards et des pressions extérieures.
Mais pour Seyran, ce geste est bien plus qu’un simple dessin. Chaque trait qu’elle trace est chargé d’une émotion profonde. Ses mains tremblent légèrement tandis que ses yeux scrutent Ferit avec une attention presque douloureuse. Elle observe chaque détail de son visage, chaque expression, chaque nuance de son regard. À travers son art, elle ne se contente pas de le représenter : elle tente de le graver dans sa mémoire, comme si elle craignait de perdre un jour cette image vivante.

Car Seyran porte en elle un poids immense, un secret qu’elle n’arrive pas à partager. Une maladie grave ronge son corps et menace de les séparer bien plus tôt qu’ils ne l’imaginent. À plusieurs reprises, elle a essayé de trouver le courage de parler, de prononcer les mots qui pourraient tout changer. Mais à chaque tentative, sa voix se brise avant même de commencer. Comment annoncer à l’homme qu’elle aime que leur avenir est incertain ? Comment détruire cet instant de paix en lui révélant une vérité aussi cruelle ?
Alors, elle se tait. Elle dessine. Elle transforme son amour en art, espérant que le papier saura garder ce que les mots refusent de dire. Ferit, de son côté, ne se doute de rien. Il la regarde travailler, amusé, touché par sa concentration. Il est loin d’imaginer que ce moment, en apparence si doux, est en réalité imprégné d’une profonde mélancolie.
Pendant que Seyran tente de figer l’amour dans un portrait, le monde extérieur continue de s’agiter. Ferit, lorsqu’il surprend Tarik aux côtés de Seyran, laisse exploser une jalousie incontrôlable. La peur de la perdre, mêlée à la colère, le pousse à un geste extrême : il pointe une arme sur Tarik, prêt à tout pour protéger ce qu’il considère comme sien. Cette scène révèle la fragilité de Ferit, son incapacité à supporter la moindre menace autour de Seyran, sans se douter que le danger le plus grave est invisible.
En parallèle, Halis poursuit son jeu d’échecs implacable. Rusé et patient, il parvient à retourner la situation contre Mezide, la piégeant avec une intelligence froide. Cette manœuvre prouve une fois de plus que, dans cette famille, personne n’agit au hasard et que chaque décision cache des intentions profondes. Tandis que certains se battent avec des armes ou des mots, d’autres préfèrent les stratégies silencieuses.
Au cœur de toutes ces intrigues, Seyran demeure prisonnière de son secret. Assise face à Ferit, elle sent le temps lui échapper. Chaque seconde devient précieuse, chaque regard prend une valeur infinie. Elle aimerait lui dire la vérité, le préparer, l’avertir de ce qui les attend. Mais en le voyant si calme, si heureux, elle n’ose pas. Elle préfère préserver cet instant, même s’il est bâti sur un mensonge par omission.
Le portrait avance, trait après trait, comme une déclaration muette. À travers le dessin, Seyran confesse ce qu’elle ne peut exprimer à voix haute : son amour absolu, sa peur de l’avenir et son désir désespéré de ne pas être oubliée. Ce moment tendre devient alors un adieu déguisé, une tentative de laisser une trace indélébile dans le cœur de Ferit, même s’il ne comprend pas encore sa portée.
Ainsi, sous l’apparence d’une scène paisible et romantique, se cache une vérité déchirante. L’art devient le refuge de Seyran, son ultime moyen de lutter contre l’inévitable. Et tandis que Ferit sourit, ignorant le compte à rebours qui a déjà commencé, le spectateur comprend que cet instant de douceur est peut-être l’un des derniers avant que la réalité ne s’impose, brutale et irréversible.